Synthèse des positions et recommandations de FACIL

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Dans le contexte du processus de cocréation de la Stratégie numérique du Québec lancé le 20 mai 2016, FACIL présente cette synthèse de ses positions et de ses recommandations sur le numérique. Quelques unes des principales positions de FACIL étaient déjà regroupées sur une page spécifique de son site web. D'autres positions, de mêmes que la plupart des recommandations soumises par FACIL aux différents ordres de gouvernement depuis plusieurs années, étaient éparpillées dans nos diverses publications. Elles sont maintenant (7 septembre 2016) regroupées ici.

Sommaire

Pour l'appropriation collective de l'informatique libre[modifier]

Cette position est dans le nom même de notre association! Voir nos Règlements généraux[1] pour le nom et aussi notre foire aux questions pour les raisons de vouloir s'approprier collectivement (et individuellement) l'informatique libre.

Pour les logiciels libres et les libertés des utilisateurs[modifier]

Objet central de son mandat, FACIL fait la promotion des logiciels libres. Sont des logiciels libres les logiciels qui respectent et protègent par une licence les libertés fondamentales des utilisateurs et utilisatrices d'appareils numériques[2].

Pour les normes, standards, formats, protocoles libres/ouverts[modifier]

FACIL prône les normes, standards, formats, protocoles, etc., dont les spécifications techniques sont publiques et sans restriction d’accès ni de mise en œuvre sur le plan légal[3].

Pour la neutralité du réseau[modifier]

FACIL défend le principe de la neutralité du réseau, c'est-à-dire l'égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet. Les opérateurs des infrastructures réseaux doivent transmettre les données: point final[4].

Contre l’accroissement du fossé numérique[modifier]

Par son mandat même, FACIL travaille à «démocratiser» l'informatique libre auprès de la population sans distinction. La réalisation de ce mandat implique forcément de trouver des solutions efficaces pour lutter contre les nouvelles inégalités de la société numérique en construction[5].

Contre la vente liée/forcée des logiciels[modifier]

Face à la réalité des fonctionnalités malveillantes (espionnage, pistage, publicité, etc.) que contiennent bon nombre de logiciels non libres, il importe plus que jamais que nous soyons libres de choisir des alternatives[6].

Contre la brevetabilité du logiciel[modifier]

FACIL s'oppose à la brevetabilité du logiciel[7].

Contre le menottage numérique (DRM)[modifier]

La gestion numérique des droits (DRM) est une expression qui désigne en fait la gestion des restrictions numériques imposées au public dans l'utilisation des œuvres numérisées (livre, musique, film, etc.)[8].

Contre le Partenariat transpacifique (PTP)[modifier]

FACIL se prononce contre le Partenariat transpacifique (PTP). La version finale du chapitre sur la propriété intellectuelle rendue disponible en ligne par Wikileaks en octobre 2015 a confirmé qu'il fait reculer nos droits à la vie privée, à la liberté d'expression et l'accès au domaine public[9].

Contre l'Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA)[modifier]

FACIL s'est prononcé contre l'Accord commercial anti-contrefaçon (qui a heureusement été stoppé) car son chapitre sur la «propriété intellectuelle» attaquait frontalement les utilisateurs et les développeurs de logiciels libres, le droit à la vie privée, le droit à la liberté d'expression, etc[10].

Contre la Loi antiterroriste de 2015 (C-51) et pour un vrai plan de protection de la vie privée[modifier]

FACIL s'oppose à la Loi antiterroriste de 2015 (C-51), qui augmente les pouvoirs du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) au détriment de la liberté d'expression tout en ne faisant rien pour protéger la vie privée[11].

Contre le blocage des sites «illégaux» de jeu en ligne par Loto-Québec[modifier]

De façon générale, il est légitime que la loi québécoise s'applique aux activités en ligne : le cyberespace n'est pas le Far West. Cependant, le mécanisme de censure par lequel les fournisseurs d'accès Internet (FAI) sont tenus de bloquer l'accès à une liste de sites fournie par le gouvernement du Québec constitue un dangereux et inutile précédent qui viole directement le principe de la neutralité du réseau[12].

Pour que la suite logicielle Cristal-Net du CHU de Québec soit publiée sous licence libre[modifier]

FACIL croit que le CHU de Québec devrait évaluer la possibilité de faire de sa version de la suite Cristal-Net un véritable logiciel libre, qui serait publié sous une licence de type GPL et rendu disponible dans un dépôt public[13].

Pour la priorité au logiciel libre et aux standards ouverts de façon générale dans tous les projets numériques de l'État[modifier]

Donner la priorité au logiciel libre signifie qu'au moment de faire le choix d'acquérir un logiciel (nouveau ou mis à jour), on priorise ceux qui respectent les libertés de leurs utilisateurs. Ces libertés donnent à un logiciel libre des avantages objectifs considérables sur toute alternative qui n'est pas libre : l'utiliser sans restriction, étudier son fonctionnement, le faire auditer, l'adapter à ses besoins, le redistribuer tel quel ou modifié, mutualiser son exploitation, son développement, son support, etc. Les désavantages objectifs des logiciels privateurs de liberté sont nombreux et coûteux (restrictions d'usage, opacité, insécurité, dépendance envers un seul fournisseur, etc.) et ces logiciels doivent donc devenir le plus rapidement possible l'exception plutôt que la norme dans les ministères, les organismes publics et les sociétés d'État[14]

Pour une Plan relatif aux ressources éducatives libres (REL) au ministère de l'Éducation[modifier]

Le ministère peut s'inspirer ici des recommandations contenues dans la Déclaration de Paris sur les ressources éducatives libres[15] du Congrès mondial sur les REL de juin 2012, les Lignes directrices pour les ressources éducatives libres (REL) dans l'enseignement supérieur[16] de l'UNESCO de 2012, de même que des voies d'actions et des meilleures pratiques suggérées par l'UNESCO, l'OIF, et l'AUF dans la Déclaration de Dakar sur les Ressources éducatives libres du 5 mars 2009[17].

Pour la mise à disposition sous licence libre des données de la Banque de données des statistiques officielles sur le Québec (BDSO)[modifier]

Parmi les données d'intérêt public gérées par les organismes publics, les statistiques officielles sont peut-être parmi les plus importantes et doivent être libérées sans hésitation. Avec ses milliers de jeux de données déjà libérés[18], Statistique Canada est considérablement en avance sur l'Institut de la Statistique du Québec[19].

Pour que nos diplômés en informatique maîtrisent les questions de droit d'auteur, de contrats de licences et de brevets[modifier]

Les diplômés en informatique du Québec doivent comprendre le fonctionnement du système du droit d'auteur, les contrats de licence, les brevets, etc., pour être capables de reconnaître leurs droits et leurs responsabilités dans la société numérique qu'ils contribuent à bâtir.[20]

Pour un Canal-U québécois, c'est-à-dire une vidéothèque de l'enseignement supérieur du Québec[modifier]

Les ressources pédagogiques audiovisuelles produites par les établissements d'enseignement supérieur du Québec sont éparpillées et aucunement mise en valeur, contrairement à ce qui se produit en France avec le Canal-U, la vidéothèque commune de l'enseignement supérieur dans ce pays. Vivement un Canal-U québécois qui contiendrait majoritairement des ressources audiovisuelles sous licence libre[21]!

Pour le soutien aux enseignants qui intègrent la contribution à Wikipédia dans le cadre de leurs cours[modifier]

Des enseignants d'ici ont intégré à leur cours des travaux qui impliquent la rédaction et l'amélioration d'articles de Wikipédia par les étudiants. Ces projets pédagogiques méritent d'être soutenus afin de les faire connaître du milieu de l'enseignement et aussi faciliter l'adoption des meilleures pratiques par tous les enseignants intéressés[22]

Pour la réintroduction d'un cours d'informatique destiné aux élèves de niveau secondaire[modifier]

Le ministère de l'Éducation doit réintroduire un cours d'informatique pour les élèves de niveau secondaire. Il doit s'assurer que ce nouveau cours évite d'orienter les élèves vers l'adoption de logiciels privateurs spécifiques et qu'il enseigne plutôt les concepts qui permettent de comprendre comment s'y retrouver devant tout type d'application, en prenant pour exemple les logiciels libres de préférence (en raison des valeurs que ces logiciels portent en eux). Le cours doit également offrir à l'élève le choix entre plusieurs logiciels pour la réalisation des exercices, des travaux ou examens, à remettre dans un format libre et ouvert[23].

Pour des principes, une norme et un manuel dans la conception et le design des services publics numériques[modifier]

Trois documents importants qui sont intervenus dans la conception par le Government Digital Service (GDS) du remarquable site gov.uk: des principes (Design Principles[24]), une norme (Digital by Default Service Standard[25]) et un manuel (Government Service Design Manuel[26]). Le travail du GDS a avec raison inspiré les États-Unis, l'Australie, le Canada (fédéral), la France et de nombreux autres États dans la conception de leurs propres services numériques. Nous invitons le Québec à se mettre la barre haute en suivant cette tendance majeure dans le numérique public[27].

Pour un Conseil supérieur du numérique doté d'une expertise multidisciplinaire[modifier]

FACIL recommande d'instituer un Conseil supérieur du numérique doté d'une expertise multidisciplinaire et habilité à conseiller librement et de manière indépendante l'Assemblée nationale du Québec, le gouvernement du Québec, les ministères et autres organismes publics du Québec, les municipalités, etc. Cette nouvelle institution serait tenue par son mandat d'impliquer les citoyens et citoyennes dans l'élaboration de ses rapports, avis et recommandations[28].

Pour la fondation au Québec d'une association comparable à l'ADULLACT de France[modifier]

Puisque l'un des avantages certains des logiciels libres en conjonction avec les standards ouverts est la possibilité de mutualisation (équipement, logiciel, expertise), nous recommandons que la Ville de Montréal prenne l'initiative de rallier le plus grand nombre de municipalités du Québec au sein d'une association comparable à l'ADULLACT de France[29], mise sur pied en 2002 à l'initiative d'élus, de directeurs informatiques et de citoyen(ne)s. La mission de l'association française dont sont membres plus de 14 000 collectivités (villes, départements, communautés d'agglomérations, régions, etc.)[30] est «de soutenir et de coordonner l’action des administrations et des collectivités pour promouvoir, développer, mutualiser et maintenir un patrimoine commun de logiciels libres utiles aux missions de service public (administration, éducation, monde associatif, santé...)[31]»[32].

Pour le renforcement de l'expertise interne en sciences et technologies de l'information dans l'administration publique[modifier]

Développer l’expertise, autant en sciences de l'information qu'en technologies de l'information, pour la mettre directement au service de la fonction publique doit être une priorité. En effet, comme l'ont souligné de nombreux observateurs et acteurs de la scène politique québécoise ces dernières années, le problème bien connu de la mauvaise gestion des projets informatiques dans les administrations publiques est lié en bonne partie au manque d'expertise interne[33].

Pour la multiplication des accès sans fil gratuits en collaboration avec la communauté[modifier]

Pour lutter contre le fossé numérique, nous recommandons de déployer des accès sans fil gratuits dans tous les établissements publics et d'appuyer concrètement les organismes communautaires qui se sont déjà donné la mission de propager le sans-fil. Nous pensons notamment à ZAP et Réseau libre.

Pour la libération prioritaire des données qui interviennent dans les processus de la démocratie de même que dans l'octroi et la gestion des marchés publics[modifier]

Pour résoudre la crise de confiance des citoyens et des citoyennes envers leurs institutions, Québec doit se donner comme priorité de produire et de publier des données libres et ouvertes de qualité sur les activités du Parlement du Québec[34] et ultimement de tous les processus décisionnels impliquant les élus ou les hauts-fonctionnaires du Québec. Pour les activités relatives aux marchés publics[35], le gouvernement devrait suivre les Directives sur l'ouverture des données des marchés publics de la Sunlight Foundation[36] que FACIL a traduit en français.

Pour que la politique québécoise sur le numérique soit élaborée avec la société civile[modifier]

Qu'est-ce que le gouvernement du Québec doit accomplir au juste? Le gouvernement du Québec doit impliquer les citoyens et les citoyennes dans un processus participatif de grande ampleur visant à doter le Québec d'un livre blanc, d'une vision, d'une stratégie, d'une politique globale et de plans d'action spécifiques (éducation, économie, culture, etc.) sur le numérique[37].

Pour un Plan de transition vers une mise à disposition en temps réel, via des interfaces de programmation, de données ouvertes et interreliées[modifier]

Le gouvernement doit planifier dès maintenant la transition vers une mise à disposition de données en temps réel, via des interfaces de programmation, chaque fois qu'il est possible et utile de le faire. Les délais de divulgation des données pour des raisons de confidentialité doivent par conséquent être réduits au minimum. Des objectifs à ce niveau pourraient faire partie du plan de diffusion triennal de documents et données des organismes publics[38].

Pour la pérennité de la documentation publique grâce à des dépôts numériques, des adresses permanentes et un portail de recherche des documents[modifier]

Si le passé est garant de l'avenir, les adresses des documents mis en ligne par nos organismes publics ne seront pas permanentes: les liens seront brisés pour des motifs aussi superficiels qu'un changement de design web ou de plateforme de gestion de contenu numérique. Il faut que la documentation publique soit pérenne grâce à des dépôts numériques, des adresses permanentes et un portail de recherche des documents[39].

Pour l'utilisation des formats et des licences libres dans la diffusion des documents d'intérêt public[modifier]

Les licences libres sont utiles au partage des documents, particulièrement lorsqu'ils ont un quelconque intérêt public. La réforme de l'accès à l'information fournit l'occasion de clarifier les conditions auxquelles l'État rend disponible les éditions numériques des divers documents qu'il produit[40].

Pour la divulgation par défaut du code source des logiciels utilisés par l'État[modifier]

Les fichiers du code source des logiciels employés par l'État sont des documents d'intérêt public. Seul le partage public du code source permet de soumettre toutes les fonctionnalités d'un logiciel à un audit indépendant dans l'intérêt des utilisateurs et utilisatrices[41].

Pour une enquête publique sur la gestion de l'informatique au sein de l'État québécois[modifier]

Nous sommes seize (16) groupes de la société civile[42] qui demandons que le gouvernement mette sur pied, dès maintenant, une enquête publique pour discuter des problèmes que j’ai énoncés précédemment, mais aussi du mode de gestion que l’État doit mettre de l’avant pour ses projets technologiques et des façons d’améliorer la transparence démocratique que le gouvernement pourrait mettre de l’avant grâce aux technologies de l’information[43].

Pour une loi de protection des divulgateurs[modifier]

Pour briser l'omerta sur la mauvaise gestion des projets informatiques, il nous faut une loi de protection des divulgateurs et une véritable enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de l'informatique[44].

Pour la valorisation du domaine public et du patrimoine numérique libre[modifier]

Face aux entraves qui se dressent constamment devant le domaine public numérique et face au manque de valorisation dont il fait l’objet, nous invitons le MCC du Québec à répondre en adoptant une politique visant à le défendre et à le mettre en valeur. Nous croyons qu’une nation dont la devise est «Je me souviens» a tout intérêt à être à l’avant-garde du mouvement international de défense et de protection du domaine public[45].

Pour des mesures favorisant la souveraineté numérique des Québécois(es)[modifier]

Si l'on pense principalement à la protection des renseignements personnels des citoyens et citoyennes, l'État devrait au minimum: s'assurer de détenir la propriété des appareils qui opèrent le traitement de l'information (contrôle physique); conserver à l'interne l'expertise de la gestion, de l'administration, du développement et de l'opération de tous ses systèmes (contrôle logique et administratif); exiger que ses centres de données et autres serveurs soient majoritairement situés en sol québécois (contrôle législatif); collecter et conserver le moins de renseignements personnels possible (pas de pistage et de profilage des internautes)[46].

Pour une éducation du public et du milieu culturel sur les modèles juridiques et économiques qui accordent plus de libertés au public dans le respect du droit d'auteur actuel[modifier]

Nous avons besoin d’une véritable éducation au droit d’auteur dans un monde numérique où chacun est à la fois auteur et éditeur. Le MCC du Québec doit jouer un rôle important à ce niveau, en collaboration étroite avec le ministère de l’Éducation et des organismes comme Éducaloi. En plus de faire connaître le droit d’auteur dans ses rapports avec le droit à la liberté d’expression, le droit à l’information et le domaine public, des efforts particuliers doivent être faits pour éduquer le public et le milieu culturel sur les modèles juridiques et économiques alternatifs qui sont apparus avec Internet pour accorder plus de libertés au public[47].

Pour le soutien aux projets d'expérimentation des modèles juridiques et économiques qui accordent plus de libertés au public dans le respect du droit d'auteur actuel[modifier]

Il faut soutenir les auteurs et les éditeurs qui voudraient lancer des projets pilotes expérimentant les modèles juridiques et économiques qui accordent plus de libertés au public dans le cadre du droit d’auteur actuel (licences Creative Commons, GNU, Art libre, etc.)[48].

Pour que Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) participe directement au grand projet Internet Archive[modifier]

La participation de BAnQ et des bibliothèques universitaires francophones du Québec au projet Internet Archive nous paraît éminemment souhaitable. Voici quelques façons dont BAnQ pourrait participer: en inscrivant Internet Archive au catalogue de ressources du nouveau service BAnQ numérique; en ajoutant au catalogue Iris des liens vers les copies numérisées d'Internet Archive lorsque BAnQ n'offre pas déjà ses propres copies numérisées; en rejoignant officiellement le projet Internet Archive et en se proposant de prendre part au financement de la traduction française du site archive.org; en évaluant les possibilités de mutualisation des équipements, des logiciels et des pratiques avec Internet Archive[49].

Pour la production de (méta)données libres, réutilisables, sémantiques et interreliées pour toutes les œuvres du Québec ou concernant le Québec[modifier]

Ouvrir les (méta)données bibliographiques de toutes les collections des musées, bibliothèques et archives du Québec, les remanier pour qu’elles deviennent sémantiques et interreliées, clarifier les conditions d’utilisation des textes, images et autres documents référencés, donner plus de liberté au public en préférant la libre réutilisation des licences libres à la simple utilisation équitable pour tous les documents produits par le MCC du Québec ou à sa demande, voilà un projet ambitieux et porteur qui aura pour effet de mettre la culture québécoise bien en valeur sur la grande toile mondiale[50].

Pour que le service en ligne JeVeuxSavoir.org soit offert par défaut[modifier]

L'utilisation du service en ligne JeVeuxSavoir.org améliore considérablement la rapidité et l'efficacité des demandes d'accès aux documents. Le service devrait le plus rapidement possible être étendu à l'ensemble des organismes assujettis à la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. Les citoyens utilisant ce service devraient pouvoir exiger de recevoir les documents dans des formats ouverts[51].

Pour que les documents que les DRI, DSI et le DPI doivent produire depuis juillet 2011 en vertu de la Loi 133[52] soient publiés et disponibles en formats libres dans des délais raisonnables, sans devoir faire appel à des demandes d'accès à l'information[modifier]

L'expérience de la méga demande d'accès à l'information de FACIL (février et juin 2014) a fait la démonstration par l'absurde que ces documents et les données qui sont à la source de ces documents doivent être divulgués de manière proactive. C'est uniquement de cette façon que FACIL et en général les citoyens pourront mesurer le progrès de l'informatique libre dans le secteur public.

Pour la production et la libération de données sur l'utilisation et le développement des logiciels au sein de l'État[modifier]

Pour mesurer le progrès de l'informatique libre au sein des organismes et entreprises de l'État, nous avons besoin de compiler les données sur les objets suivants : le montant annuel des dépenses en logiciel, en distinguant les logiciels libres des logiciels non libres; les études d'opportunités de migration de logiciels et l'intégration de ce critère dans les appels d'offres; les projets de migration de logiciels non libres vers des logiciels libres; la libération du code source de logiciels développés en interne ou par un prestataire[53].

Pour la transparence des algorithmes qui manipulent nos données[modifier]

L'opacité des logiciels a occasionné, occasionne et continuera d'occasionner des abus de toutes sortes. Depuis l'Affaire Snowden, ce sont les abus relatifs au droit à la vie privée (surveillance de masse) et au droit à la liberté d'expression (censure) qui attirent le plus l'attention du public. Cependant, il faut bien comprendre que la liste des abus possibles au moyen d'un logiciel gardé secret est très longue. Elle ira en s'allongeant au cours des prochaines années, en cette époque où «le logiciel avale monde». Selon nous, le domaine de liberté protégé par les licences de logiciel libre est absolument nécessaire à la société de l'information dans laquelle nous vivons au 21e siècle. Des utilisateurs qui revendiquent le respect de leurs libertés peuvent s'unir, se protéger contre les abus et se donner les moyens de choisir les algorithmes qui traitent leurs données[54].

Pour que la loi québécoise et la loi canadienne reconnaissent que les fichiers du code source des logiciels utilisés par l'État dans la livraison des services publics sont des documents auxquels les citoyens ont droit d'avoir accès[modifier]

Il y a un précédent français qui pourrait inspirer et faire école, celui d'Adrien Fabre, un étudiant en économie qui voulait accéder au code source du calculateur de l'impôt[55]. Cette histoire a mis suffisamment de pression sur le gouvernement, qu'il a décidé de divulguer entièrement le code source et même d'organiser un hackathon[56].

Pour un soutien aux industries du numérique libre et ouvert par des mesures concrètes utiles aux entreprises, aux organismes sans but lucratif, à l'éducation, l'enseignement supérieur, la recherche et la formation professionnelle des secteurs concernés[modifier]

C'est tout un milieu (ou écosystème pour employer un terme à la mode) qu'il faut soutenir pour favoriser les industries québécoises du numérique libre et ouvert, celles qui gravitent autour de la construction, du développement et de la conservation des communs numériques.

Pour un débat sur la légalisation du partage, ne serait-ce qu'à des fins non-commerciales[modifier]

N'est-il pas temps de débattre sérieusement de l'opportunité de légaliser le partage ? Dans un monde où la multiplication des copies ne serait pas par défaut illégale et entravée par des menottes numériques, dans un monde où l'enrichissement du domaine public serait toujours au programme, il existerait encore toute une panoplie de moyens de financer la production de nouvelles œuvres : taxation de la bande passante, ventes de places en salle, campagnes de sociofinancement, subventions publiques, prix de concours plus généreux, vente de produits dérivés, etc.[57].

Pour un Québec numérique libre et ouvert[modifier]

Plusieurs États ont déjà adopté une stratégie numérique reflétant une prise en considération de la philosophie et des principes qui sont à la base du logiciel libre, des données ouvertes, du gouvernement ouvert, du savoir libre, etc., qui tentent tant bien que mal de replacer l’humain, le citoyen et le bien commun au cœur des transformations tous azimuts que le numérique impose aux sociétés humaines. [...] Il importe d’agir au niveau politique afin de nous assurer d’exercer le plus grand degré de maîtrise des enjeux du numérique, aujourd’hui comme demain[58].

Pour des moyens de savoir ce que font vraiment nos appareils numériques[modifier]

Si la réforme de certaines lois et institutions est nécessaire, elle ne suffira pas à nous protéger contre la surveillance de masse de l'État et des grandes entreprises technologiques. À titre de citoyens consommateurs de produits et de services numériques, nous avons aussi des choix à faire. Ou nous continuons à être insouciants et irresponsables en consommant sans poser de questions tous les nouveaux gadgets et services numériques d'Apple, Google, Facebook, Microsoft et cie, qui facilitent la collecte massive de nos données par les agences d'espionnage du monde, ou alors nous décidons de nous donner les moyens de savoir ce que font vraiment nos appareils numériques en soutenant le développement d'alternatives basées sur le logiciel libre et les réseaux décentralisés[59].

Pour les Principes internationaux sur l’application des droits de l’homme à la surveillance des communications[modifier]

Les deux idées maîtresses de la déclaration de principes sont «nécessité» et «proportionnalité». En effet, pour respecter leurs engagements internationaux en matière de protection du droit à la vie privée, les États devraient entre autres prouver que la surveillance « constitue l'unique moyen d'atteindre un but légitime donné » et démontrer à une autorité judiciaire indépendante, impartiale et compétente, que les informations recueillies « se limiteront à ce qui est raisonnablement pertinent » et seront « consultées uniquement par l'autorité spécifiée et utilisées exclusivement aux fins pour lesquelles l'autorisation a été accordée »[60].

Pour la Déclaration d'Ottawa sur la surveillance de masse au Canada[modifier]

FACIL a signé et traduit en français la Déclaration d'Ottawa sur la surveillance de masse au Canada lancée en mai 2014 avec l'appui de 35 universitaires et 19 organismes[61].

Pour la libération des données du Registre des lobbyistes du Québec et du Registre des entreprises du Québec[modifier]

CONSIDÉRANT QUE le gouvernement du Québec a lancé une initiative de gouvernement ouvert et mis en place un portail de données ouvertes en 2012; CONSIDÉRANT QUE le gouvernement du Québec a procédé à l'ouverture des données du Système électronique d'appel d'offres (SEAO) du Québec en juin 2013; CONSIDÉRANT QUE le croisement des données du SEAO du Québec, avec celles du Registre des entreprises du Québec et du Registre des lobbyistes du Québec, servirait grandement l'intérêt public; CONSIDÉRANT QUE le public québécois exprime de fortes attentes en matière d'accès à l'information, de transparence des processus décisionnels et de collaboration entre l'État et la société civile; CONSIDÉRANT QUE nous sommes des citoyens intéressés à comprendre et surveiller les activités de l'industrie de l'influence à l'aide d'outils informatiques libres et accessibles à tous et toutes; Nous, soussignés, demandons au gouvernement du Québec de publier les données du Registre des entreprises du Québec et du Registre des lobbyistes du Québec dans un format ouvert (XML, CSV, JSON) sur le portail donnees.gouv.qc.ca et que lesdites données soient mises à jour quotidiennement et à perpétuité[62].

Pour le droit de choisir les logiciels avec lesquels fonctionnent nos appareils numériques[modifier]

Plus que jamais, en particulier pour nous protéger contre les fonctionnalités malveillantes (espionnage, pistage, publicité, etc.), il importe que nous soyons libres de choisir des alternatives aux logiciels privateurs de liberté. Malheureusement, la majorité des constructeurs et vendeurs d'appareils numériques nous impose l'utilisation de logiciels non libres par défaut. Chaque consommateur devrait pouvoir refuser les logiciels non libres — en particulier le système d'exploitation — préinstallés sur les appareils numériques avant de payer[63].

Pour la Déclaration des communs numériques[modifier]

FACiL a participé à la rédaction et ultimement adhéré à la Déclaration des communs numériques publié le 27 février 2017 par un total de 19 associations, collectifs, entreprises et organismes sans but lucratif dans le contexte de la consultation sur la Stratégie numérique du Québec.

Notes et références[modifier]

  1. https://facil.qc.ca/association/charte
  2. https://facil.qc.ca/nos-positions
  3. https://facil.qc.ca/nos-positions
  4. https://facil.qc.ca/nos-positions
  5. https://facil.qc.ca/nos-positions
  6. https://facil.qc.ca/nos-positions
  7. https://facil.qc.ca/nos-positions
  8. https://facil.qc.ca/nos-positions
  9. https://facil.qc.ca/nos-positions
  10. https://facil.qc.ca/enbref/acta-vous-connaissez-facil-r%C3%A9agit-en-signant-une-lettre-collective
  11. https://facil.qc.ca/nos-positions
  12. https://facil.qc.ca/nos-positions
  13. https://facil.qc.ca/nos-positions
  14. Foire aux questions de FACIL
  15. http://www.unesco.org/new/fileadmin/MULTIMEDIA/HQ/CI/CI/pdf/Events/French_Paris_OER_Declaration.pdf
  16. http://unesdoc.unesco.org/images/0021/002136/213605f.pdf
  17. http://www.auf.org/actualites/490-dclaration-dakar-ressources-educatives-libres-/
  18. http://ouvert.canada.ca/data/fr/dataset?organization=statcan
  19. https://www.donneesquebec.ca/recherche/fr/dataset?organization=isq&_organization_limit=0
  20. https://facil.qc.ca/files/memoire-de-facil-pour-le-sommet-sur-l-enseignement-superieur-22-fev-2013_0.pdf
  21. https://facil.qc.ca/files/memoire-de-facil-pour-le-sommet-sur-l-enseignement-superieur-22-fev-2013_0.pdf
  22. https://facil.qc.ca/files/memoire-de-facil-pour-le-sommet-sur-l-enseignement-superieur-22-fev-2013_0.pdf
  23. https://facil.qc.ca/files/recommandations-au-mels-30-mars-2013.pdf
  24. https://www.gov.uk/design-principles
  25. https://www.gov.uk/service-manual/digital-by-default
  26. https://www.gov.uk/service-manual
  27. https://facil.qc.ca/files/facil-recommandations-strategie-gouv-ti-oct-2015.pdf
  28. https://facil.qc.ca/files/facil-recommandations-strategie-gouv-ti-oct-2015.pdf
  29. http://www.adullact.org
  30. https://www.youtube.com/watch?v=ZYJZniUH5wo
  31. http://www.adullact.org/index.php/association/presentation/statuts-et-reglement/statuts-du-24-juin-2010
  32. https://facil.qc.ca/files/l-informatique-libre-dans-une-grande-metropole-12-jan-2014.pdf
  33. https://facil.qc.ca/files/l-informatique-libre-dans-une-grande-metropole-12-jan-2014.pdf
  34. De façon à rendre possible une exploitation des données qui donnera comme résultat des services applicatifs comme http://openparliament.ca ou http://parlement-et-citoyens.fr
  35. https://facil.qc.ca/files/memoire-de-facil-orientations-gouv-transparence-aout-2015.pdf
  36. https://sunlightfoundation.com/procurement/opendataguidelines/fr/
  37. https://facil.qc.ca/files/facil-recommandations-strategie-gouv-ti-oct-2015.pdf
  38. https://facil.qc.ca/files/memoire-de-facil-orientations-gouv-transparence-aout-2015.pdf
  39. https://facil.qc.ca/files/memoire-de-facil-orientations-gouv-transparence-aout-2015.pdf
  40. https://facil.qc.ca/files/memoire-de-facil-orientations-gouv-transparence-aout-2015.pdf
  41. https://facil.qc.ca/files/memoire-de-facil-orientations-gouv-transparence-aout-2015.pdf
  42. D'autres groupes se sont rajoutés depuis.
  43. https://facil.qc.ca/d%c3%a9claration-commune-du-13-f%c3%a9vrier-2015
  44. https://facil.qc.ca/laust%c3%a9rit%c3%a9-budg%c3%a9taire-ne-fera-que-perp%c3%a9tuer-limmobilisme-dans-le-dossier-du-num%c3%a9rique
  45. https://facil.qc.ca/files/memoire-politique-culturelle-du-quebec-2016.pdf
  46. https://facil.qc.ca/files/memoire-de-facil-orientations-gouv-transparence-aout-2015.pdf
  47. https://facil.qc.ca/files/memoire-politique-culturelle-du-quebec-2016.pdf
  48. https://facil.qc.ca/files/memoire-politique-culturelle-du-quebec-2016.pdf
  49. https://facil.qc.ca/files/memoire-politique-culturelle-du-quebec-2016.pdf
  50. https://facil.qc.ca/files/memoire-politique-culturelle-du-quebec-2016.pdf
  51. http://wiki.facil.qc.ca/view/M%C3%A9ga_demande_d%27acc%C3%A8s_%C3%A0_l%27information_du_21_f%C3%A9vrier_2014
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  53. http://wiki.facil.qc.ca/view/M%C3%A9ga_demande_d%27acc%C3%A8s_%C3%A0_l%27information_du_21_juin_2014
  54. https://facil.qc.ca/le-logiciel-libre-rem%C3%A8de-pratique-%C3%A0-lopacit%C3%A9-des-algorithmes
  55. https://forum.etalab.gouv.fr/t/howto-obtenir-dune-administration-lacces-a-un-code-source/186
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  57. https://facil.qc.ca/non-au-menottage-num%c3%a9rique-oui-%c3%a0-la-l%c3%a9galisation-du-partage
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  59. https://facil.qc.ca/savoir-ce-que-font-vraiment-nos-appareils-num%c3%a9riques
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  62. https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-5193/index.html
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